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Le Maroc vise à rejoindre le top 50 du classement Doing Business de la Banque mondiale d’ici 2021

Après une mauvaise performance en 2016, un fort rebond de la production agricole devrait faire progresser la croissance économique en 2017.

Entre-temps, l’activité non agricole et l’inflation restent modérées.Bien que le déficit budgétaire ait légèrement diminué à 4%, le déficit du compte courant extérieur s’est creusé.

Le nouveau gouvernement s’est engagé à poursuivre l’ajustement budgétaire et les principaux objectifs du programme.

Il reste cependant beaucoup à faire pour réduire le chômage structurel, accroître la participation de la population active et assurer une croissance plus forte et plus inclusive.

Après une grave sécheresse en 2016, l’économie marocaine, qui a encore un cycle agricole important, devrait rebondir en 2017. Poussée par une récolte céréalière supérieure à la moyenne, la croissance économique s’est accélérée à 4,3% au premier semestre 2017 (contre 1,6% pour la même période en 2016).

La croissance de l’activité non agricole est toutefois moins accentuée, à 3,3%.Les services et, dans une moindre mesure, les industries extractives ont été les principaux moteurs de la croissance non agricole.Le taux de chômage s’est élevé à 9,3% au deuxième trimestre de 2017, surtout chez les jeunes (23,5%) et les personnes instruites (17%).L’inflation moyenne au premier semestre de 2017 est restée faible à 0,3%, reflétant la baisse des prix alimentaires.

Une politique budgétaire prudente a permis de réduire davantage le déficit budgétaire en 2017, stabilisant la dette publique à environ 65% du PIB. Sur le front extérieur, le déficit commercial s’est détérioré au premier semestre 2017.

L’augmentation des exportations de 6,6%, due à la reprise des phosphates et dérivés, n’a pas pu compenser la hausse de 7,3% des importations.La majeure partie des importations se composait de produits énergétiques en raison de la hausse des prix de l’énergie, tandis que les importations de produits alimentaires et de biens d’équipement se sont ralenties.Ainsi, le déficit commercial a atteint près de 20% du PIB.Le tourisme et les envois de fonds sont restés stables.

La transition vers un régime de taux de change plus flexible a été reportée de manière inattendue et les réserves internationales ont chuté de près de 20% dans la période précédant la réforme envisagée.

Cependant, le nouveau chef du gouvernement l’a reporté la veille de la conférence de presse de lancement. La crise sociale qui a lieu à Al Hoceïma et les anticipations d’une nouvelle détérioration des finances publiques et des équilibres macroéconomiques pourraient avoir été à l’origine du report. La chute des réserves internationales due aux spéculations des banques commerciales a également influencé la décision des autorités.

La croissance devrait ralentir en 2018 et la création d’emplois demeurera faible. La bonne récolte de 2017 entraînera une décélération de l’effet de base en 2018. La croissance estimée du secteur non agricole autour de 3% ne suffira pas à augmenter substantiellement le taux de croissance. La création d’emplois dans les nouveaux secteurs et services industriels n’est pas suffisante pour absorber les nouveaux entrants.

Bien que le déficit budgétaire devrait diminuer progressivement, le déficit du compte courant devrait se creuser. Le déficit budgétaire continuera à diminuer alors que les autorités cherchent à le ramener à moins de 3% du PIB et à ramener la dette publique à 60% en 2021.

Les principales mesures fiscales comprennent la hausse des recettes de la TVA et la réduction des exonérations fiscales (dans le secteur agricole), afin de consolider le régime de l’impôt sur les sociétés et de mieux faire respecter les impôts par les professions libérales et indépendantes.

Le gouvernement est déterminé à réduire la masse salariale de la fonction publique, y compris les cotisations sociales, pour ramener à 10,5% du PIB à moyen terme. La dépendance vis-à-vis des importations d’énergie se fera sentir encore plus fortement à mesure que la facture énergétique augmentera.

Les nouvelles industries d’exportation ne devraient pas se développer à un rythme plus élevé et resteront donc tributaires des importations d’intrants, ce qui limitera leur incidence sur les comptes courants. En somme, même si les transferts de l’étranger et les recettes touristiques restent dynamiques, le déficit financier restera important, autour de 5% du PIB.

À moyen terme, le nouveau gouvernement s’engage à mettre en œuvre des réformes structurelles pour accroître la croissance potentielle et promouvoir une croissance plus inclusive, renforcer le climat des affaires, moderniser l’administration publique et améliorer l’accès à des services publics de qualité. Le Maroc vise à rejoindre le top 50 du classement Doing Business de la Banque mondiale d’ici 2021.

Les disparités spatiales dans l’accès aux services et aux infrastructures persistent malgré le programme de régionalisation et de décentralisation. Le développement économique irrégulier, conjugué à une mauvaise coordination entre les organismes centraux et locaux, entraîne une pénurie de services dans de nombreuses régions, en particulier dans les régions pauvres, ce qui entraîne un écart grandissant entre les régions.

Les risques pour les perspectives sont intitulés à la baisse. Des retards dans la mise en œuvre des réformes clés, y compris les réformes fiscales et structurelles, pourraient accroître le mécontentement social et avoir un impact négatif sur le secteur extérieur.

La transition prolongée du taux de change pourrait entraîner des tensions sur le marché et affaiblir potentiellement le compte courant et les réserves. La faiblesse des perspectives économiques dans la zone euro et la possibilité persistante d’un développement géopolitique défavorable dans la région pourraient ralentir l’activité économique en raison de la baisse des exportations, des flux d’IED et des envois de fonds.

Le modèle de croissance du Maroc souffre d’une faible productivité et de faibles retours sur investissement. La trajectoire de croissance du Maroc se caractérise d’abord par de faibles rendements de l’accumulation de capital liés aux investissements inefficaces du secteur public.

Deuxièmement, la répartition de la main-d’œuvre par secteur, qui reflète en partie les objectifs de la politique gouvernementale, tendait à entraver les gains de productivité. Pour maintenir la croissance de la productivité, il faut accroître la mobilité du travail et du capital des entreprises à faible valeur ajoutée à forte valeur ajoutée et réaffecter le capital et le travail des sous-secteurs agricoles stagnants aux secteurs à plus forte productivité.

En outre, la qualité de l’éducation qui entrave ces changements doit être améliorée pour soutenir la prospérité future du Maroc.

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Saad Idrissi

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