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Sommet Union Africaine – Union Européenne 2017 pour la postérité

Ces 29 et 30 novembre s’annoncent décisifs pour l’avenir des relations Afrique-Europe. Les décideurs des deux continents, entre Chefs d’Etat et de gouvernements, se réuniront le temps d’un 5ème Sommet qui devra permettre, in fine, de reconfigurer les paramètres de ce cadre de coopération Union Africaine – Union Européenne, vieux de 10 ans déjà.

Depuis l’adoption de la stratégie commune Afrique-UE à Bruxelles en 2007, l’Afrique a connu de profonds changements économiques, politiques et sociaux, et l’importance que ce continent revêt pour la sécurité et la prospérité de l’Europe est de plus en plus évidente.

Au demeurant, les deux continents ont tout à gagner à actualiser et à cimenter leur cadre partenarial mais ils ont, à contrario, énormément à perdre s’ils rechignent ou, du moins, tardent à agir. C’est dans ce sens que le Sommet d’Abidjan revêt le gros de son importance.

Dans cette entreprise plutôt salutaire pour les deux blocs continentaux, le rôle de la jeunesse est capital. Le conclave ivoirien fera, en effet, la part belle aux questions des jeunes avec un thème qui leur est exclusivement dédié, en l’occurrence “Investir dans la jeunesse pour un avenir durable”.

Il suffit de rappeler que 60 % de la population africaine a moins de 25 ans pour mesurer, à sa juste valeur, l’importance capitale de cette question qui devra polariser les échanges lors de ce rassemblement afro-européen.

La priorité accordée aux jeunes lors de ce sommet cadre parfaitement avec la place qu’attache le Maroc à cette frange sociétale. Le Royaume, en pays qui a foi en la jeunesse, a, à maintes reprises, mis en avant le rôle prépondérant, voire décisif, que peuvent jouer les jeunes dans tout projet de développement économique et sociétal. Et c’est au plus haut niveau de l’Etat que le Maroc le laisse entendre.

Dans un discours adressé au 29ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA) qui s’est déroulé en juillet dernier à Addis Abeba, SM le Roi Mohammed VI avait insisté que l’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse.

“Une politique volontariste orientée vers la jeunesse canalisera l’énergie pour le développement. L’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse. Aujourd’hui près de 600 millions d’Africains et d’Africaines sont des jeunes. En 2050, 400 millions d’Africains auront entre 15 et 24 ans”, avait indiqué le Souverain dans ce discours délivré par SAR le Prince Moulay Rachid, qui a représenté SM le Roi à ces assises panafricaines.

Cette progression, a dit SM le Roi, souligne l’urgence d’orienter le dividende démographique vers l’émergence du continent, notant qu’une occasion inespérée s’offre ainsi à l’Afrique de bénéficier d’une main d’œuvre jeune, éduquée et abondante pour nourrir sa croissance économique.

Chaque année, plus de 11 millions de jeunes Africains font leur entrée sur le marché du travail alors que seuls 3 millions d’emplois sont créés, a relevé le Souverain qui a fait remarquer que plus de 70% des jeunes Africains vivent avec moins de 2 dollars par jour.

Comment œuvrer pour résorber le chômage qui frappe de plein fouet la jeunesse du continent, puisque 60% des chômeurs sur le continent sont des jeunes ?, s’interroge le Souverain, qui a assuré que la réponse réside dans un traitement volontariste du triptyque « éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle » avec une exigence élevée de qualité.

SM le Roi a ainsi défini, diagnostic précis à l’appui, les contours d’une feuille de route à même de mettre à profit l’énorme potentiel qu’incarne la jeunesse en l’associant surtout à tout effort de développement et en l’érigeant en fer de lance de tout projet sociétal.

Par ailleurs et en prélude au conclave UE-UA des chefs d’Etat et de gouvernement, un Sommet Afrique-Europe de la jeunesse a eu lieu entre les 9 et 11 octobre dernier à Abidjan.

Cette réunion, désormais une tradition précédant le Sommet UE-UA, avait justement pour but d’améliorer la participation des jeunes à la coopération euro-africaine, de renforcer l’action de cette catégorie de la société au sein des deux blocs et d’influencer la politique dédiée à la jeunesse dans le cadre de la coopération africaine-européenne.

Après trois jours d’échanges et de partage d’idées, les participants ont peaufiné la Déclaration d’Abidjan, un document qui entend contribuer à la mise au point d’une stratégie cohérente et coordonnée afférente à la jeunesse dans le cadre du partenariat UA – UE.

En sus de la jeunesse, le Sommet UA – UE se penchera sur une panoplie de thématiques de non moindre importance, à savoir la paix et la sécurité, la gouvernance, la démocratie, les droits de l’homme, la migration et la mobilité, les investissements et le commerce, le développement de compétences et la création d’emploi.

En antichambre, plusieurs rencontres préparatoires ont eu lieu afin de faire connaître les points de vue des acteurs clés du partenariat Afrique – Europe et de soumettre des recommandations à la rencontre au Sommet. Il s’agit, en l’occurrence, du Forum de la société civile Afrique-UE (11-12 juillet), du Forum des acteurs économiques et sociaux Afrique-UE (16-17 novembre), du Forum des affaires UE-Afrique 2017 (27 novembre) et du Forum des gouvernements locaux UE-Afrique (27 novembre).

Deux jours durant, les décideurs africains et leurs pendants européens auront une occasion précieuse pour fixer des orientations politiques susceptibles de relever les défis ressentis de part et d’autre.

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Saad Idrissi

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