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Les Etats-Unis ont besoin maintenant de nommer ses ambassadeurs au Moyen-Orient

Le manque d’ambassadeurs au Moyen-Orient est encore plus frappant lorsqu’on considère l’importance des pays dont ils sont absents.

La décision de l’administration Trump de transférer l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Al-Quods a accentué les efforts diplomatiques américains au Moyen-Orient, notamment en ce qui concerne le rôle des ambassades américaines et du Département d’État dans la conduite de la politique étrangère.

Malgré ses efforts continus pour négocier une paix entre Israël et la Palestine, contenir la propagation de l’influence iranienne et atteindre les objectifs militaires en Syrie et au Yémen, le président Donald Trump n’a pas encore nommé d’ambassadeurs dans plusieurs pays critiques du Moyen-Orient.

Le fait que le président Trump tarde à prendre ces nominations cruciales nuit gravement aux efforts diplomatiques des Etats-Unis, tout en réduisant considérablement la probabilité que les Etats-Unis atteignent leurs objectifs de politique étrangère dans la région.

Alors que le président Trump a nommé des ambassadeurs en Israël, au Liban, au Bahreïn et au Koweït, des pays importants comme l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie et le Qatar restent sans diplomate américain.

L’ambassadrice sortante Barbara Leaf a quitté son poste ce mois-ci.

L’absence d’un ambassadeur américain est loin d’être une affaire diplomatique ordinaire et est généralement réservée à des pays comme la Syrie et l’Iran avec lesquels les États-Unis ont sciemment rompu des relations diplomatiques normales.

Lorsqu’ils sont présents, les ambassadeurs jouent un rôle clé dans la promotion de relations stables entre les pays en ouvrant des canaux de communication fiables entre les chefs d’État respectifs, ainsi qu’en développant de solides relations de travail avec les dirigeants du pays où ils sont stationnés.

Les ambassadeurs aident les dirigeants à communiquer clairement leurs objectifs pour les relations entre les deux pays, ainsi que la manière dont chaque nation entend poursuivre ces objectifs.

Le manque d’ambassadeurs au Moyen-Orient est encore plus frappant lorsqu’on considère l’importance des pays dont ils sont absents. L’Égypte et la Jordanie sont parmi les pays qui reçoivent le plus d’aide étrangère des États-Unis et sont considérés comme des alliés militaires très importants dans la région.

L’Arabie Saoudite est l’un des principaux fournisseurs de pétrole aux États-Unis, un important courtier d’électricité régional parmi les États sunnites et un élément important pour contrebalancer une puissance iranienne potentiellement révisionniste à l’est.
En outre, le Qatar existe actuellement sous un blocus soutenu par l’Arabie saoudite lancé en réponse au prétendu soutien de Doha au terrorisme, et occupe un espace diplomatique unique entre les orbites américaines et iraniennes qui nécessite une main adroite et expérimentée pour naviguer de manière appropriée.

Enfin, la Turquie, qui a le PIB le plus important de la région, a été un allié gênant mais extrêmement important dans le conflit syrien et entretient une relation avec les Etats-Unis qui ont besoin de se ressaisir après de fortes tensions entre le gouvernement turc et l’ancien ambassadeur américain John.

Basse. Ces alliances importantes nécessitent un entretien constant et, dans le cas du Qatar et de la Turquie, des réparations occasionnelles. Ces efforts diplomatiques deviennent de plus en plus difficiles en l’absence d’un ambassadeur dédié pour traiter ces questions en permanence.

L’absence d’ambassadeurs auprès de ces alliés américains critiques a déjà produit des effets secondaires diplomatiques regrettables. Premièrement, la décision controversée du président Trump de reconnaître Al-Quods comme la capitale d’Israël a été largement condamnée par les alliés régionaux de l’Amérique, suscitant des craintes que les préoccupations du monde arabe soient marginalisées par la nouvelle administration.

Ces sentiments d’abandon sont aggravés par le manque d’urgence dans la nomination d’ambassadeurs auprès des pays à majorité musulmane, notamment depuis que le président Trump a annoncé la nomination de David Friedman comme ambassadeur en Israël avant son ascension à la Maison-Blanche.

Les alliés arabes sont des partenaires juniors par rapport aux Israéliens.

Bien qu’il n’y ait aucune raison de soupçonner que la nomination d’ambassadeurs dans chaque pays du Moyen-Orient aurait modifié de manière significative la décision de l’administration Trump à Al-Quods, ces nominations auraient permis à l’administration de mieux gérer les retombées de cette décision.

Pour compliquer davantage les choses, le vide diplomatique laissé par les sièges des ambassadeurs vacants a été largement rempli par Jared Kushner, un promoteur immobilier âgé de 36 ans sans expérience diplomatique significative et sans capacité démontrable à analyser la politique complexe de la région. Kushner a montré peu d’intérêt à garder les chargés d’affaires chargés de gérer les ambassades à court de personnel averties de ses conversations avec des dignitaires étrangers, ce qui rendait les États-Unis mal préparés aux actions significatives et provocatrices de leurs alliés régionaux.

Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a été “complètement aveuglé” par les mesures saoudiennes visant à imposer leur embargo contre le Qatar en juin, ainsi que leurs efforts pour se mêler de la politique intérieure du Liban en novembre.

Kushner considérait que ces deux mouvements avaient été approuvés par tous les deux et laissait le Département d’Etat se démener pour les résoudre. Il est difficile d’imaginer des pannes de communication aussi importantes si la diplomatie était menée par des hommes d’Etat expérimentés à travers les ambassades du Département d’Etat.

L’administration Trump devra faire face à des défis importants pour atteindre ses objectifs de politique étrangère au Moyen-Orient si les ambassadeurs restent vacants. La Maison Blanche veut limiter la capacité de l’Iran à accroître son pouvoir et son influence dans la région, mais n’a pas réussi à engager les gouvernements de la Turquie et du Qatar – deux Etats qui continuent de se rapprocher de l’Iran au détriment de leurs relations avec les Etats-Unis.

Le président Trump a exhorté le 6 décembre l’Arabie saoudite à lever le blocus empêchant l’aide humanitaire d’atteindre les victimes du conflit au Yémen, mais n’a pas été en mesure d’engager un dialogue avec les Saoudiens sur cette question, laissant le blocus bien en place.

Les États-Unis souhaitent une fin pacifique au conflit en Syrie, mais ils n’ont pas réussi à résoudre la division croissante entre des pays comme l’Arabie saoudite et les EAU concernant la fin souhaitée vers laquelle les pourparlers de paix devraient finalement aboutir.

Cependant, c’est la poussée de l’administration Trump vers la paix entre Israël et la Palestine qui sera la plus durement touchée par l’absence d’ambassadeurs américains au Moyen-Orient. Le plan de paix saoudien proposé était largement impopulaire dans la région avant même la décision d’Al-Quods, et tout accord sur le statut final nécessitera le soutien des partenaires régionaux pour réussir.

L’Egypte a montré son influence en négociant une réconciliation entre le Fatah et le Hamas l’automne dernier, et pourrait utiliser ses liens forts avec les Palestiniens et, de plus en plus, avec les Israéliens pour soutenir toute proposition de paix menée par les Etats-Unis.

La Jordanie doit être impliquée de la même manière dans tout accord de paix portant sur les intérêts sécuritaires israéliens dans la vallée du Jourdain. Et avec sa grande diaspora palestinienne, la Jordanie pourrait influencer de manière significative l’opinion publique palestinienne sur le processus de paix si elle est correctement engagée.

Même des pays comme la Turquie et le Qatar, qui ont des relations glaciales avec Israël, pourraient faciliter la paix en apportant un soutien à part entière au processus et en décourageant les réactions locales à la procédure. Cela permettrait aux dirigeants israéliens et palestiniens de négocier honnêtement sans craindre que des groupes radicaux «gâchent» les pourparlers avec une attaque ou une manifestation visant à semer la discorde entre les deux parties.

Toutes ces mesures exigent une coordination minutieuse entre les ambassades et une équipe de diplomates experts pour leur mise en œuvre réussie.

Malheureusement, il est difficile d’imaginer que de tels efforts soient achevés avec succès ou même tentés sans que les vacances diplomatiques américaines soient comblées.

Le manque d’urgence du président Trump pour pourvoir les postes vacants d’ambassadeur au Moyen-Orient a sapé les efforts diplomatiques de son administration dans la région et menace d’affaiblir les relations de l’Amérique avec ses alliés régionaux importants. Les complexités du Moyen-Orient ne peuvent être résolues sans des canaux de communication diplomatiques stables et de solides relations avec les acteurs locaux, qui seraient grandement améliorés par la nomination rapide d’ambassadeurs qualifiés à ces sièges vacants.

Si le président Trump échoue à répondre à cette préoccupation, il est hautement improbable que son administration atteigne son objectif de contribuer à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient.

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Saad Idrissi

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